Le récit de Valérie Hubert-Cassant
Je le sais, cela faisait si longtemps que Jean-Marie Matisson souhaitait s’exprimer sur le Procès Papon, dont il fut l’un des plaignants, ici dans cette ville à Bordeaux où plusieurs membres de sa famille, petits cousins, oncles, tantes, cousine ont été capturés et déportés, mais surtout dans la Synagogue De Bordeaux, dans cet endroit tant d’autres citoyens bordelais, français, juifs de confession, furent emprisonnés, déportés et pour certains tués dans cette synagogue le jour de la rafle du 10 janvier 1944.
Ainsi, 80 ans après et juste après les cérémonies de commémoration de la rafle, Jean-Marie a donné sa conférence dans une salle archi pleine, où l’on a distribué les chaises jusqu’à ce qu’il n’y ai plus une seule.
Beaucoup de questions, de souvenirs échangés, de sourires et de chaleur. Les choses ont été dites.
Les trois organisateurs étaient Licra Bordeaux & Gironde avec sa présidente Sarah Bromberg, le CRIF Bordeaux-Aquitaine avec son président Albert Massia, le Bn’ai Brith, Mireille Levy et Isabelle Habib, le Consistoire Israélite et son président, Erick Aouizérate.
Tard dans la soirée, heureux de partager ces moments précieux, nous avons levé nos verres à la liberté.
Les photos sont de Sarah Bromberg et de Valérie Hubert-Cassant.
Commentaire de Jean-Marie Matisson
Val Hubert-Cassant Tellement juste ! Tellement juste ! Un œil extérieur qui me connaît bien et qui m’accompagne depuis tant d’années. Valérie et Alain sont devenus plus que des amis. Comme tu l’as dit un jour »fier de cheminer à tes côtés ». Apres tant d’années de combats.
Il me semblait impensable que nous ne soyons que quelques juifs laïques à rester en justice contre Papon. Il me semblait impossible que la communauté juive ne soit pas avec nous. Il nous aura fallu attendre 8 ans (1980-1988) pour qu’elle se joigne à notre plainte contre Papon. Il nous aura fallu attendre 26 ans (1998-2024) pour qu’elle reconnaisse notre combat et nous invite. Hélas, je suis le dernier des premières parties civiles encore en vie mais voilà, c’est fait. Erick Aouizérate à travers moi à rendu hommage au courage des premières parties civiles sans qui jamais l’état français n’aurait été condamné pour son rôle dans la déportation des Juifs de France.
Accessoirement j’ai pu parler à Boris Cyrulnik et lui poser une question qui me hante depuis les années 1980. Sa réponse me conforte dans le jugement que j’ai sur la malfaisance d’une personne ! Mais ce qui restera dans ma mémoire c’est la façon dont Boris s’est saisi de ma main, la prise et la serrée dans les siennes tout le temps que durait notre dialogue comme si son corps exprimait une profonde reconnaissance.
Voilà, une page est tournée, mon combat peut prendre fin.
Le récit de Valérie Hubert-Cassant
Je le sais, cela faisait si longtemps que Jean-Marie Matisson souhaitait s’exprimer sur le Procès Papon, dont il fut l’un des plaignants, ici dans cette ville à Bordeaux où plusieurs membres de sa famille, petits cousins, oncles, tantes, cousine ont été capturés et déportés, mais surtout dans la Synagogue De Bordeaux, dans cet endroit tant d’autres citoyens bordelais, français, juifs de confession, furent emprisonnés, déportés et pour certains tués dans cette synagogue le jour de la rafle du 10 janvier 1944.
Ainsi, 80 ans après et juste après les cérémonies de commémoration de la rafle, Jean-Marie a donné sa conférence dans une salle archi pleine, où l’on a distribué les chaises jusqu’à ce qu’il n’y ai plus une seule.
Beaucoup de questions, de souvenirs échangés, de sourires et de chaleur. Les choses ont été dites.
Les trois organisateurs étaient Licra Bordeaux & Gironde avec sa présidente Sarah Bromberg, le CRIF Bordeaux-Aquitaine avec son président Albert Massia, le Bn’ai Brith, Mireille Levy et Isabelle Habib, le Consistoire Israélite et son président, Erick Aouizérate.
Tard dans la soirée, heureux de partager ces moments précieux, nous avons levé nos verres à la liberté.
Les photos sont de Sarah Bromberg et de Valérie Hubert-Cassant.
Commentaire de Jean-Marie Matisson
Val Hubert-Cassant Tellement juste ! Tellement juste ! Un œil extérieur qui me connaît bien et qui m’accompagne depuis tant d’années. Valérie et Alain sont devenus plus que des amis. Comme tu l’as dit un jour »fier de cheminer à tes côtés ». Apres tant d’années de combats.
Il me semblait impensable que nous ne soyons que quelques juifs laïques à rester en justice contre Papon. Il me semblait impossible que la communauté juive ne soit pas avec nous. Il nous aura fallu attendre 8 ans (1980-1988) pour qu’elle se joigne à notre plainte contre Papon. Il nous aura fallu attendre 26 ans (1998-2024) pour qu’elle reconnaisse notre combat et nous invite. Hélas, je suis le dernier des premières parties civiles encore en vie mais voilà, c’est fait. Erick Aouizérate à travers moi à rendu hommage au courage des premières parties civiles sans qui jamais l’état français n’aurait été condamné pour son rôle dans la déportation des Juifs de France.
Accessoirement j’ai pu parler à Boris Cyrulnik et lui poser une question qui me hante depuis les années 1980. Sa réponse me conforte dans le jugement que j’ai sur la malfaisance d’une personne ! Mais ce qui restera dans ma mémoire c’est la façon dont Boris s’est saisi de ma main, la prise et la serrée dans les siennes tout le temps que durait notre dialogue comme si son corps exprimait une profonde reconnaissance.
Voilà, une page est tournée, mon combat peut prendre fin.
Le récit de Valérie Hubert-Cassant
Je le sais, cela faisait si longtemps que Jean-Marie Matisson souhaitait s’exprimer sur le Procès Papon, dont il fut l’un des plaignants, ici dans cette ville à Bordeaux où plusieurs membres de sa famille, petits cousins, oncles, tantes, cousine ont été capturés et déportés, mais surtout dans la Synagogue De Bordeaux, dans cet endroit tant d’autres citoyens bordelais, français, juifs de confession, furent emprisonnés, déportés et pour certains tués dans cette synagogue le jour de la rafle du 10 janvier 1944.
Ainsi, 80 ans après et juste après les cérémonies de commémoration de la rafle, Jean-Marie a donné sa conférence dans une salle archi pleine, où l’on a distribué les chaises jusqu’à ce qu’il n’y ai plus une seule.
Beaucoup de questions, de souvenirs échangés, de sourires et de chaleur. Les choses ont été dites.
Les trois organisateurs étaient Licra Bordeaux & Gironde avec sa présidente Sarah Bromberg, le CRIF Bordeaux-Aquitaine avec son président Albert Massia, le Bn’ai Brith, Mireille Levy et Isabelle Habib, le Consistoire Israélite et son président, Erick Aouizérate.
Tard dans la soirée, heureux de partager ces moments précieux, nous avons levé nos verres à la liberté.
Les photos sont de Sarah Bromberg et de Valérie Hubert-Cassant.
Commentaire de Jean-Marie Matisson
Val Hubert-Cassant Tellement juste ! Tellement juste ! Un œil extérieur qui me connaît bien et qui m’accompagne depuis tant d’années. Valérie et Alain sont devenus plus que des amis. Comme tu l’as dit un jour »fier de cheminer à tes côtés ». Apres tant d’années de combats.
Il me semblait impensable que nous ne soyons que quelques juifs laïques à rester en justice contre Papon. Il me semblait impossible que la communauté juive ne soit pas avec nous. Il nous aura fallu attendre 8 ans (1980-1988) pour qu’elle se joigne à notre plainte contre Papon. Il nous aura fallu attendre 26 ans (1998-2024) pour qu’elle reconnaisse notre combat et nous invite. Hélas, je suis le dernier des premières parties civiles encore en vie mais voilà, c’est fait. Erick Aouizérate à travers moi à rendu hommage au courage des premières parties civiles sans qui jamais l’état français n’aurait été condamné pour son rôle dans la déportation des Juifs de France.
Accessoirement j’ai pu parler à Boris Cyrulnik et lui poser une question qui me hante depuis les années 1980. Sa réponse me conforte dans le jugement que j’ai sur la malfaisance d’une personne ! Mais ce qui restera dans ma mémoire c’est la façon dont Boris s’est saisi de ma main, la prise et la serrée dans les siennes tout le temps que durait notre dialogue comme si son corps exprimait une profonde reconnaissance.
Voilà, une page est tournée, mon combat peut prendre fin.