En ce deux Avril 1998, (…) Papon, Maurice, Arthur, Jean, âgée de 87 ans, retraité (…) est condamné à 10 ans de réclusion criminelle (…)
Cela fait maintenant 25 ans . Les principaux acteurs du procès sont décédés, mais est-ce pour autant une raison de déformer la Vérité, comme dans cet article de Sud-Ouest ? Si la vérité ne compte pas dans ce combat pour un crime contre l’humanité, alors, à quoi bon transmettre ?
Des quatre premières parties civiles à l’origine de l’Affaire, je reste le seul survivant. Alors, quand je vois les erreurs et les contrevérités sur le procès Papon , je persiste à en faire un très court mais exact historique.
L’affaire n’a pas commencé en 1981 par un article du « Canard Enchaîné » mais en 1980 par le dépôt d’une plainte du MRAP suite à l’analyse et à la découverte des archives de la préfecture de la Gironde par Michel Slitinsky et Jean Cavignac, qui travaillait aux archives départementales dans les années 1970 . Michel Bergès n’est en rien à l’origine de la découverte des archives, il a travaillé avec nous au début, puis a changé de camp et a aidé Papon à se défendre. Mais comme le disait Gérard Boulanger « que Bergès ait changé de camp ne veut pas dire que la vérité ait changé de camp. »
La plainte initiale celle qui est à l’origine de l’affaire, celle du MRAP ayant été jugée irrecevable, est celle déposée par les 4 membres de ma famille. Jacqueline Matisson, Maurice Matisson, Esther Fogiel et Jean-Marie Matisson. Il n’y a jamais eu que 4 plaintes initiales qui ont toujours été présentes dans la procédure. Quand la procédure était annulée on revenait toujours à notre dépôt de plainte.
Papon a été inculpé de crime contre l’humanité le 19 janvier 1983 et condamné à 10 ans de réclusion pour complicité de crime contre l’humanité le 02 avril 1998 . Il ne fut jamais le seul inculpé. Étaient inculpés avec lui, René Bousquet, Jean Leguay, Maurice Sabatier et Norbert Téchoueyres.
Le 25 avril 1983, Serge Klarsfeld marque son entrée dans la procédure par cette déclaration « si Papon présente des excuses, les parties civiles retirent leurs plaintes » ce qui le discrédite aux yeux des parties civiles bordelaises.
Enfin, concernant les chiffres de la Shoah bordelaise, il y a eu 1597 déportés dont 230 enfants, le/la plus jeune avait 19 jours, il s’agit de l’enfant Torres .
Mon calcul est expliqué dans mon livre « Procès Papon, quand la République juge Vichy » et si nul ne pourra jamais dire le nombre exact de déportés de Bordeaux, c’est le chiffre le plus approchant.
Je me tiens à votre disposition pour évoquer avec vous le sujet.